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Vivoka lance un business kit pour fabriquer son propre assistant vocal

Après plus de cinq ans dans le domaine de la reconnaissance vocale et l’exploitation inédite des nouvelles technologies vocales qui ont continué d’émerger, Vivoka a décidé de s’attaquer à un autre niveau dans l’écosystème : celui du sur-mesure.

Photo : William Simonin, CEO de Vivoka / Crédit photo © Vivoka

La start-up messine vient de lancer le VDK (Voice Development Kit) avec cette promesse : créez votre propre assistant vocal en soixante minutes. « Nous utilisons depuis cinq années plusieurs technologies additionnées dans une technologie globale, qui en fait un produit assez pointu et complexe. Nous avons été contactés par des groupes issus de divers secteurs pour les accompagner dans la création de leurs propres assistants vocaux ».

En se focalisant sur le logiciel, Vivoka se lance dans un projet ultra scalable car ils le disent eux-mêmes : « tout le monde en a besoin… ». D’ailleurs, William Simonin, jeune CEO de Vivoka prédit déjà que les assistants vocaux de demain seront liés aux individus et connaîtront voire anticiperont leurs besoins, non plus en répondant aux commandes, mais en anticipant leurs habitudes.

VDK est constitué d’un logiciel de base commun et de plugins téléchargeables spécifiques à chaque type d’activité. La durée moyenne d’un cycle pour équiper une société d’une technologie professionnelle de reconnaissance vocale est actuellement de neuf mois. La start-up fait le pari de la réduire à deux mois avec ce kit qui simplifie énormément les choses au moment de choisir son équipement.

Vivoka, scale-up qui a osé

L’entreprise a été fondée sur la base d’une idée faussement ingénue : en visionnant le film Iron Man, William Simonin s’est imaginé que la technologie d’intelligence artificielle qui existait grâce aux commandes vocales pourrait devenir réalité. « Etudiant à Epitech, j’ai beaucoup appris en stage avec un chef d’entreprise luxembourgeois dont le business était visiblement florissant. Il disait s’inspirer des idées de la jeune génération, tout en regrettant que peu d’entre eux les transforment en projets ».

William a le goût du défi et ce stage lui murmure à l’oreille qu’il faut oser… Un pari un peu fou naît alors dans son esprit : transformer la science-fiction en projet réel. Vivoka voit le jour à Metz en 2015 dans le giron de Synergie avec le soutien de Michel Onfray qui a fondé ce qui était alors le seul incubateur de Moselle. « Une magnifique rencontre, » selon William.

À cette époque, le marché des assistants vocaux est balbutiant, dominé par Google et Amazon, et propose peu de fonctionnalités à usage professionnel, « les assistants vocaux étaient encore des gadgets ». Vivoka veut anticiper la révolution vocale en proposant une solution adaptable aux besoins des entreprises. Cinq investisseurs fidèles et une première levée de fonds de trois millions d’euros plus tard, l’entreprise se lance.

Groom vocal

« On a commencé avec l’hôtellerie car l’accès à ce marché était assez évident pour nos services, le secteur devant mieux connaître les besoins de ses clients face à la concurrence d’AirBnb qui les obligeait à innover ». Le premier produit d’assistance vocale de Vivoka permettait de passer commande de tout service de type hôtellerie, restauration, conciergerie via une box… Les établissements pouvaient alors analyser les demandes et proposer des services plus adaptés.

Un excellent démarrage pour la jeune start-up qui voit arriver en 2017 le boom du marché de la reconnaissance vocale et se positionne alors comme l’une des références françaises sur cette technologie (biométrie et profiling vocal). L’usage d’un assistant vocal ne se limite pas à la sphère privée. C’est justement parce que les entreprises se transforment et adaptent leurs usages que la VoiceTech gagne des parts de marché dans le B to B. Gestion des entrepôts logistiques, plateformes de téléconseils, contrôles qualité sur les chaînes de montage industriel, tracteurs, robotique etc… Les possibilités de développement sont quasi illimitées.

Vocal contre digital ?

« Si tout se passe bien, c’est qu’on ne va pas assez vite, » ironise William Simonin. Justement, la crise sanitaire liée au Covid en 2020 a eu pour conséquence une immobilisation des investissements dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie, la clientèle n’étant plus au rendez-vous. En chaque crise naît une opportunité de se réinventer…

Vivoka accuse le coup et mobilise ses vingt-cinq salariés pour changer de cap. Puisque le digital est vecteur de virus, la commande vocale est une solution opportune pour anticiper les besoins et passer au zéro contact. En juin 2020 Vivoka remporte un appel à projets lancé par le Groupe ADP (Paris Aéroports) et vise le remplacement des bornes tactiles par des bornes à reconnaissance vocales pour l’information des voyageurs et le check in.

Outre les aéroports, le marché des bornes tactiles est à gros potentiel (parkings, gares, transports etc…) mais aussi très concurrentiel car d’autres technologies (notamment le no-touch, voir notre article à propos de la AIRxTOUCH BAR) proposent leurs propres solutions. Des solutions qui jouent sur l’effet d’aubaine (obligation de prendre des précautions sanitaires) et les enjeux de responsabilité qui pèsent sur les équipements digitaux et tout tactiles que l’on retrouve dans l’espace public comme dans le secteur privé. Remplacer le doigt par la voix. Evidemment.

William ressemble à cet entrepreneur autrefois son tuteur de stage lorsqu’il dit « c’est très facile de se trouver des excuses pour ne pas innover. Pour nous, ce n’est pas parce que ça n’a jamais été fait qu’on ne le fera pas. La réussite c’est la persévérance, jumper une succession de difficultés… Il faut aligner les planètes pour peut-être et parfois, créer une licorne ? ». Ce qu’on lui souhaite en tout cas, car le marché mondial du vocal représente déjà aujourd’hui neuf milliards d’euros, et est estimé à vingt-sept milliards d’ici 2025. Il reste pourtant des limites qu’il faudra éclaircir, notamment sur ce que deviennent les données récoltées par les assistants vocaux, le Règlement général sur la protection des données (RGPD)… pour réussir à en démocratiser totalement les usages.

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