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Premiers Répondants : l’application de géolocalisation des citoyens sauveteurs

En France, les arrêts cardiaques représentent la première cause de mortalité avec 40 à 50 000 décès par an. L’Association Française des Premiers Répondants, née à Thionville, a mis au point une application qui peut sauver des vies : elle géolocalise en temps réel les personnes formées aux premiers secours pour intervenir avant l’arrivée des secours : les Premiers Répondants.

Photo : Arnaud Baton, chef de projet à l’AFPR peut être fier que la Moselle enregistre 2100 Premiers Répondants à ce jour pour environ 400 interventions depuis le 1er Octobre 2018 / Crédit photo © AFPR

L’arrêt cardiaque est la cause de mortalité la plus grave, causant dix fois plus de morts que les accidents de la route chaque année. Chaque minute qui passe, c’est 10% de chances de survie en moins. Le délai d’intervention moyen des secours est de 9 minutes. Le taux de survie des victimes reste dramatiquement bas, autour de 7%. C’est en observant les pratiques des pays voisins que l’idée est venue de créer en Moselle un réseau de « Premiers Répondants », sur l’initiative de soignants, sauveteurs (infirmiers, sapeurs-pompiers, urgentistes …).

En Suisse ou en Allemagne, la formation aux gestes de premiers secours est obligatoire. Chaque citoyen doit être capable de sauver une vie… Comment repérer ceux qui connaissent les gestes ? L’afprappli est née en 2018. L’objectif est de réduire le temps d’attente entre l’alerte envoyée aux premiers secours et le début de la réanimation cardio-pulmonaire. « C’est le rapport entre victime et proximité du premier répondant qui conditionne le taux de survie, » explique Arnaud Baton, responsable de projet à l’AFPR, lui-même Premier Répondant.

L’AFPR est hébergée au Thi’Pi à Thionville, car elle fonctionne avec les mêmes codes tech que les startups, bien qu’elle n’ait pas de but lucratif. Le digital est ici utilisé comme simplificateur de procédé et gain de temps. « Ce qui m’a plu c’est le fait de me rendre utile. Au Thi’Pi, nous sommes entourés de personnes bienveillantes et de projets innovants. Nous ne partions de rien, cet environnement nous a beaucoup appris. »

Comment ça marche ?

« Quelqu’un appelle le 15 ou le 18, ce sont eux qui lancent l’alerte vers l’application mobile via leur centre d’appel, formé à cela. L’application géolocalise les 3 Premiers Répondants les plus proches de la victime qui reçoivent l’alerte sur leur téléphone. Ils indiquent s’ils sont disponibles immédiatement pour intervenir. Si oui, ils sont guidés par GPS vers le lieu où se trouve la victime ». Le premier arrivé pratique le massage cardiaque. Bien entendu les Premiers Répondants doivent aujourd’hui savoir se servir d’un défibrillateur. Ainsi, l’application envoie aussi la position de l’appareil le plus proche de la victime, par GPS. Le second arrivé s’occupe de le trouver. Le troisième vient en appui… en attendant les secours qui prennent le relais quoi qu’il arrive !

La Moselle est le département d’expérimentation de la nouvelle base de données de recensement des défibrillateurs (Géo’DAE) en France. « Plus le maillage de Premiers Répondants sera dense, plus le taux d’intervention sera élevé, » prêche Arnaud Baton, qui incite également tous les détenteurs d’un défibrillateur à les recenser sur la plateforme.

Former, mettre à jour : les engagements essentiels

Un Premier Répondant est au minimum titulaire du diplôme PSC1 (ancien Brevet de Secouriste ou Attestation de Formation aux Premiers Secours) mis à jour et enregistré sur la plateforme de l’AFPR comme volontaire. Tout le monde peut se former en PSC1, dès 12 ans, en suivant une journée de formation (7h). Celle-ci donne les bases du massage cardiaque (le bouche à bouche n’est plus obligatoire), mais aussi la prise en charge de victimes inconscientes ou des plaies. La copie du diplôme est requise pour l’inscription, qui est très simple à effectuer en ligne. Comme membre de l’AFPR, le Premier Répondant accepte également de suivre une formation de remise à niveau d’une demi-journée chaque année.

Pour le moment, l’application ne fonctionne que dans le département 57 mais d’autres départements sont en cours d’adhésion (les Vosges, la Marne et l’Aube) avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé. La Moselle enregistre 2100 Premiers Répondants à ce jour pour environ 400 interventions depuis le 1er Octobre 2018. En moyenne, le taux de réponse des Premiers Répondants inscrits est de 60%.

Il y a 10 ans, seulement 9% de la population était formée aux gestes qui sauvent contre 15% aujourd’hui grâce à des campagnes relayées au niveau national. Cependant, ce taux reste encore trop bas comparé aux 85-90% de la Norvège ou de l’Allemagne… Permettre de sauver des vies, permettre de les accueillir aussi : l’AFPR n’exclue pas d’élargir un jour le dispositif d’alerte aux sages-femmes.

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